Presse

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Nombre d’amateurs de photographie de la métropole rennaise regrettaient l’absence d’un lieu d’exposition dédié dans leur cité. Mais personne n’avait osé se lancer dans l’aventure. Chose faite : ce manque est comblé par Michel-François Salmon qui ouvre une galerie photo en plein centre de Rennes. Sise 8 rue de Coëtquen, à deux pas de la place de la Mairie, elle s’appelle Eleven Art Gallery.

Alex Buts

Alex Buts

Le galeriste Michel-François Salmon a une particularité : il souhaite faire connaître des photographes de l’est et de l’ouest de l’Ukraine, pays qu’il arpente depuis longtemps. Troublantes pour certains, excitantes, voire aguichantes pour d’autres, au-delà de l’expérience du contenu des œuvres, l’essentiel tient dans la rencontre avec cette société de l’Est qui se cherche et tente de nous rejoindre tout en gardant ses spécificités culturelles.

Gwenaelle Gonzales

Gwenaelle Gonzales

Reste que les artistes choisis par Michel-François Salmon ne se limitent pas uniquement à l’Ukraine. Globalement, il est ouvert aux artistes du monde slave, aux locaux comme Gwenaëlle Gonzalez, mais aussi à certains noms français ou étrangers qui font référence, comme Nathalie Sakura ou Ian Sanderson. Son approche consiste dans l’exposition de plusieurs photographes en même temps afin de donner plus largement à voir. Toutefois, il se réserve la possibilité d’ouvrir de manière exceptionnelle son lieu pour un artiste précis. En outre, il a l’intention de décloisonner son espace en prêtant des œuvres à d’autres galeries et en investissant dans différents lieux de la Ville.

Unidivers : qu’est-ce qui vous a poussé à ouvrir cette galerie à Rennes ?

F. Hubert

F. Hubert

Michel-François Salmon : Partant du constat qu’il fallait se rendre à Paris ou Berlin pour acheter de la photo contemporaine, j’ai pensé qu’il y avait un créneau à prendre dans la capitale bretonne qui compte de nombreux amateurs et collectionneurs.

U. : Comment devient-on galeriste en photo ?

Ian Sanderson

Ian Sanderson

M.-F. S. : Je nourris une vraie passion pour l’image, dans tous les sens du terme. J’ai travaillé dans des labos photo professionnels et dans le multimédia, puis pendant 13 ans chez Technicolor à Rennes où je m’occupais en particulier de l’image du groupe. Je mesure donc l’impact de cette dernière dans notre société et suis convaincu qu’il y a une demande pour cette forme d’art.

U. : Quel est votre processus de sélection ?

Nath Sakura

Nath Sakura

M.-F.S. : Des rencontres… Internet… En tous cas, toujours un contact direct. Tous les artistes qui sont là (grand geste du bras), je les connais. Même ceux d’Ukraine, d’Espagne et de Pologne. Ce qui ne m’empêche pas de défendre la création en France. Par exemple, ces troublants portraits sont de Nath Sakura, laquelle vit à Montpellier.

U. : Le fait que cette femme soit née de sexe masculin n’est peut-être pas étranger à sa volonté de mise en scène des corps. C’est d’ailleurs un peu le fil conducteur de votre accrochage…

Igor Chekachkov

Igor Chekachkov

M-F. S. : Exact. Cette recherche est flagrante chez Kate Noir. Avec ces mises en scène très sexy, limite sado-maso. Mais j’apprécie aussi ces grands portraits argentiques en noir et blanc d’Alex Buts ou ceux magnifiques de Bogdan Gulyay. Dans tous les cas, il n’y a pas de retouche. Les corps restent dans leur vérité.

U. : Tiens, mais là, cette superbe femme dénudée, on dirait… (censuré)

Polina Karpova

Polina Karpova

M.-F.S. : Oui, vous l’avez reconnue ! Cette jeune et ravissante comédienne a été saisie par l’objectif de Ian Sanderson à l’époque où elle était étudiante à l’école des beaux-arts de Rennes.

U. : Justement, parlant de Rennes, vous soutenez des photographes de la ville ?

Roman Pyatkovka

Roman Pyatkovka

M.-F.S : Bien sûr, je présente déjà deux artistes remarquables : Frédérique Hubert avec ses touchants portraits de la mamie aux poupées et Gwénaëlle Gonzalez avec un travail très plastique et « cinégénique » sur le corps.

U. : Vous contenterez-vous de travailler de façon classique ?

Kate Noir, photo

Kate Noir

M.-F. S. : Pas tout à fait, j’explore de nouvelles approches. Par exemple, réaliser des tirages à la demande, à partir de clichés de Roman Pyatkovka (collages d’affiches de propagande soviétique et de photos souvent coquines) visibles sur mon ordinateur. Ou, encore, offrir la possibilité de commander une reproduction outdoor pour mettre dans son jardin. En tirage limité dans tous les cas.

Marie-Christine Biet et Dragan Brkic

Posted on 08/05/2015 Actualités 219

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